OUVERTURE DE L’ANNEE PASTORALE 2017-2018 ET LANCEMENT DU PLAN PASTORAL DIOCESAIN 2017-2020

Cathédrale Saint François Xavier, 15 octobre 2017

Ensemble construisons notre Église – Nakimvuka beto tunga diocèse na beto!

Chers frères et sœurs,

1.     Nous sommes rassemblés en notre église cathédrale en ce 28e dimanche du temps ordinaire pour l’ouverture de l’année pastorale et le lancement du plan pastorale triennal 2017-2020. Ouvrir l’année pastorale par l’Eucharistie donne la pleine signification de notre mission. L’Eucharistie, qui est le Centre de la vie et de la mission de l’Eglise qui vit de l’Eucharistie (cf. Ecclesia Eucharistia et Sacramentum Caritatis), nous rappelle que notre activité pastorale a comme fondement l’amour du Père révélé par le Christ dans son œuvre de rédemption. Accomplir cette œuvre qui résume le plan de salut de Dieu pour l’humanité, telle est la finalité de notre ministère, pour que les hommes et les femmes de notre grand diocèse de Kikwit aient au quotidien accès au salut de Dieu.

2.     Notre année pastorale se déroulera  dans la mouvance de la prise en charge de notre église locale, autour du thème : « Ensemble construisons notre église – Nakimvuka beto tunga diocèse na beto » proclamé par le Conseil presbytéral qui s’est réuni du 23 au 25 mai 2017 et du 3 au 4 octobre 2017 au Centre spirituel de Kipalu. C’est d’ailleurs ce même thème qui constitue le plan pastoral triennal 2017-2020.

3.     En ouvrant cette année pastorale et en lançant le plan triennal sur ce thème pour notre diocèse de Kikwit, je pense à l’édit de Cyrus, roi de Perse, qui inaugure la fin de l’exil à Babylone en autorisant les exilés à retourner à Jérusalem pour y rebâtir le temple de Dieu. Cyrus écrit ce décret : « … Tous ceux d’entre vous qui font partie de son peuple, que leur Dieu soit avec eux, et qu’ils montent à Jérusalem, en Judée, qu’ils bâtissent le temple du Seigneur, le Dieu d’Israël… En tout lieu où résident ceux qui restent d’Israël, que la population leur vienne en aide : qu’on leur fournisse argent, or, dons en nature, bétail, qu’on y joigne des offrandes volontaires, pour le temple de Dieu, qui est à Jérusalem… » (Esdras 1, 3 – 4).

4.     Cet épisode biblique contient quelques leçons pour nous. Tout d’abord, le fait de publier un édit pour informer la mission que le Seigneur lui confie à Cyrus. Le décret que nous avons publié est une manière d’entendre ce que nous inspire le Seigneur pour le bien de notre grand diocèse de Kikwit. Dans la mission de rebâtir notre diocèse, nous ne sommes pas seuls, l’Esprit de la mission nous accompagne. Ensuite, c’est ceux à qui s’adresse l’édit du roi. « … Tous ceux d’entre vous qui font partie du peule de Dieu… En tout lieu où résident ceux qui restent d’Israël, que la population leur vienne en aide : qu’on leur fournisse argent, or, dons en nature, bétail, qu’on y joigne des offrandes volontaires, pour le temple de Dieu, qui est à Jérusalem… » (Esdras 1, 3 – 4). Cela nous rappelle que c’est « Ensemble que nous construisons notre église – Nakimvuka beto tunga diocèse na beto ». Que personne ne présente les fausses excuses pour ne pas participer avec le peu que Dieu lui donne à la joie de reconstruction de notre grand diocèse. En tout lieu où l’originaire de Kikwit et les hommes de bonne volonté se trouvent, que chacun dise : « le diocèse de Kikwit, c’est mon affaire » qu’il soit ici à Kikwit, à Kinshasa, dans d’autres villes de la RDC ou à la diapora.

 

5.     Les textes de ce dimanche nous parlent d’un banquet de fête. Dans la première lecture, Isaïe évoque un festin pour tous les peuples du monde entier. Cette bonne nouvelle, il l’annonce à des gens qui sont complètement paniqués par la situation catastrophique de leur pays. C’est presque notre situation aujourd’hui. Ce sera une vie entièrement nouvelle, en totale communion avec Dieu. Ce repas célèbrera la disparition définitive de l’humiliation, de la souffrance et de la mort. En communion les uns avec les autres, nous célèbrerons la grandeur de Dieu.

6.     Saint Paul et les problèmes d’argent. C’est depuis sa prison, probablement à Ephèse, dans les années 50, que Paul écrit aux Chrétiens de Philippes ; ils viennent de lui envoyer une aide financière par l’intermédiaire d’un certain Epaphrodite ; et Paul les en remercie ; cela nous vaut une superbe réflexion sur l’usage des biens de ce monde : « Je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance… être rassasié et souffrir la faim, être dans l’abondance et dans les privations… » Et Paul parle d’expérience puisqu’il ajoute : « J’ai été formé à tout et pour tout ». Et il fait même allusion à un vrai problème d’argent : « Vous avez bien fait de vous montrer solidaires quand j’étais dans la gêne ».
Il y a là une leçon de liberté par rapport aux biens matériels. Ce n’est pas de la philosophie, ce n’est pas du stoïcisme, puisqu’il ajoute « Je peux tout en celui qui me donne la force (sous-entendu le Christ) ».

7.     Saint Paul n’a ni fausse honte pour accepter une aide bienvenue, ni fausse pudeur pour parler d’argent. La vraie liberté par rapport à l’argent ne consiste pas à faire semblant de ne pas en avoir besoin ou envie. Notre diocèse a besoin d’argent pour réussir sa mission d’évangélisation. Il serait indécent vis-à-vis de tous les pauvres de la terre d’afficher de l’indifférence pour les biens matériels, quand on a la chance de ne pas en manquer.

8.     L’Évangile nous parle de notre réponse à cette invitation de Dieu. Cette invitation revêt trois caractéristiques : la gratuité, la générosité et l’universalité. Les invités sont nombreux, mais quelque chose de surprenant se produit : aucun des élus n’accepte de prendre part à la fête. Ils ont tous quelque chose à faire. Ils s’en vont l’un à son champ, l’autre à son commerce. Certains vont même jusqu’à maltraiter et tuer les serviteurs.

9.     Le grand message de cet Évangile, c’est la bonté de Dieu envers nous. Il nous offre gratuitement son amitié et sa joie. Mais trop souvent, nous n’accueillons pas ses dons. Nous n’avons pas le temps ; nous plaçons au premier plan nos préoccupations matérielles et nos intérêts personnels. Quand Dieu appelle, nous nous sentons souvent dérangés. La bonté de Dieu n’a pas de limite. Personne n’est laissé de côté. Le banquet du Seigneur est universel ; il est offert à tous. Tous ont la possibilité de répondre à cette invitation. Personne n’a le droit de se sentir privilégié ni d’en revendiquer l’exclusivité.

10. A ce propos, pour une pastorale d’ensemble harmonieuse, je demande à tous les agents pastoraux de respecter les orientations données dans le plan triennal élaboré par le Conseil presbytéral.

11. La première année est consacrée à la sensibilisation pour la mobilisation des recettes. Pour cela, au niveau du diocèse, nous avons créé l’Equipe Diocésaine d’Animation Pastorale (EDAP). Le secrétariat EDAP est composé des Mr. les Abbés Nicaise MIBATU, Cléophas Bakangolo, Théophane Masenzi et Mme Marie Pemba. Et au niveau des paroisses l’Equipe Paroissiale d’Animation Pastorale (EPAP). L’axe d’activités de l’EDAP se présente de la manière suivante : axe Bulungu : doyen Djuma et Bulungu, axe Masimanimba : doyenné Yasa et Masi, axe Pay : doyenné Pay et Feshi, axe Gungu : doyenné Gungu, axe Kikwit : doyenné Saint François Xavier, Sacre cœur, Saint Pierre. N’ayons pas peur des termes nous finirons par nous y habituer. La deuxième année est celle de renforcement des structures au niveau du diocèse et des paroisses. La troisième année est consacrée à l’habilitation des agents pastoraux et à l’évaluation du plan triennal.

12. En célébrant l’Eucharistie, nous demandons au Seigneur de nous revêtir de cet habit nuptial et de sa grâce. Nous devons l’avoir pour recevoir la communion. Cet habit nuptial nous est fourni par le sacrement de la réconciliation. C’est là que nous retrouvons notre dignité d’enfants de Dieu. N’oublions jamais que le Seigneur est toujours là pour nous revêtir de sa lumière et de sa gloire.

13. En ce mois du Rosaire, nous nous tournons aussi vers la Vierge Marie Immaculée, Mère de l’Eglise et Reine des Apôtres et nous plaçons cette année pastorale et le plan triennal dans ses mains. Qu’elle nous accompagne sur le chemin de conversion et de reconstruction de notre diocèse de Kikwit. Elle sera toujours là pour nous renvoyer au Christ. « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. »

14. Fructueuse année pastorale à tous : qu’elle soit source de bénédiction pour notre diocèse. A cet effet, je vous bénis tous et toutes, au nom du père et du Fils et du Saint Esprit.

Amen!

Mgr Timothée BODIKA MANSIYAI, pss

    Evêque de Kikwit