CREATION DES GRANDS SEMINAIRES DE BANDUNDU

La fondation des grands Séminaires  de philosophie et de théologie de Bandundu

Dr. Julius F. Kafuti

 

Les évêques de la région ecclésiastique de Bandundu en République Démocratique du Congo disposent de deux Grands Séminaires: l’un – celui de Kalonda – pour les études de philosophie et l’autre – celui de Kikwit –  pour le cycle théologique.

Le Grand Séminaire de Kalonda fut créé le 11 novembre 1978 par les Evêques des diocèses suivants: Mgr. Dieudonné M’Sanda Tsindahata de Kenge, Mgr. Alexandre Mbuka-Nzundu de Kikwit, Mgr. Eugène Bitletsi d’Idiofa et Mgr. André Mayamba Katongu de Popokabaka. Mgr. Dieudonné M’Sanda  en fut le premier Grand Chancelier, les abbés Ndoyi d´Idiofa et Jean-Valère Mbuluku de Kikwit, les premiers formateurs résidents. Un début difficile, dans le dénuement le plus total…

La fondation de Kalonda se justifiait par l’augmentation considérable du nombre de Séminaristes dans les diocèses de la province ecclésiastique de Kinshasa.

En effet, jusqu’en 1977, le Grand séminaire de Mayidi accueillait aussi bien les séminaristes des diocèses de la province administrative du Bas-Congo (Bas-Zaire) que ceux de Bandundu. Mais voilà qu’à l’aube de l’année académique 1977-1978, les nouveaux responsables du Séminaire – des prêtres diocésains congolais –   avaient contrairement à la coutume des anciens formateurs du dit Séminaire – les Pères jésuites –     imposé aux évêques de tous les diocèses concernés un numerus clausus : le quota d’admission par diocèse avait été fixé à  cinq nouveaux candidats-séminaristes.

Le diocèse de Boma qui avait envoyé 11 nouveaux candidats au total se vit retourner quelques uns d’entre eux, ce qui choqua profondément le clergé du diocèse. C’est alors que Boma retira illico tous ses séminaristes de la 1ère Année de Théologie du Grand Séminaire de Mayidi en vue d’ouvrir son propre philosophat à Boma.

 

Les évêques de Bandundu eux, tergiversèrent  toute l’année académique 1977-1978 avant de décider de l’ouverture de leur propre philosophat sur le site du petit Séminaire St. Charles Lwanga à Kalonda. Signalons que les séminaristes d’Inongo, eux, ne commenceront à fréquenter Kalonda qu‘ au début de l’année académique 1983-1984 avec un contingent important, composé de candidats-séminaristes retirés de Mayidi ainsi que de ceux qui commençaient à peine le cycle de philosophie.

Entre temps, l’ancien secrétaire général de la Congrégation pour l‘ Evangélisation des Peuples, l’archevêque indien Lourdsuamy avait été dépêché dans la province ecclésiastique de Kinshasa au mois de juillet 1978 pour se rendre compte de la nécessité de créer d’autres séminaires ‚régionaux‘ selon la terminologie de l’époque.

Mais l’afflux des candidats provenant des petits séminaires et autres écoles secondaires vers les philosophats de la province ecclésiastique de Kinshasa n’était pas un phénomène nouveau ! En effet, dès les années 1971, les évêques de la province ecclésiastique de Kinshasa sollicitaient déjà des places dans les séminaires d’autres provinces ecclésiastiques, en vue d‘ y envoyer leurs candidats excédentaires que Mayidi ne pouvait absorber. Ainsi, en 1971, les évêques de Kikwit et d’Idiofa avaient, sur demande du Père recteur du Grand Séminaire de Lubumbashi, envoyé quelques uns de leurs candidats au Grand Séminaire St. Paul du Katanga.

 

L’année 1972  connut lui aussi, un grand exode des séminaristes des diocèses de Kikwit, Idiofa, Kenge et Matadi vers les séminaires du Kasai et du Katanga. Ce phénomène perdurera jusqu’en 1975, c.à.d aussi longtemps que les diocèses de ces deux provinces ecclésiastiques avaient eux aussi un nombre élevé de candidats pour la philosophie.

Toutefois, dans la province ecclésiastique de Kinshasa, la création des deux séminaires St. Augustin/Kalonda et St. Cyprien/Kikwit ne résoudra pas tout de suite le problème de candidats surnuméraires. Le diocèse de Kikwit, à titre d’exemple, devra, même après les années 1978, demander encore au philosophat de Kinshasa d’accueillir certains de ses candidats. D’ailleurs,  quelques uns de ses séminaristes devront être dirigés sur Brazaville pour leurs études théologiques.

 

C’est sur cette toile de fond que le Grand Séminaire St. Cyprien de Kikwit verra le jour dans le but d‘ accueillir et former les séminaristes en provenance du philosophat de Kalonda. De commun accord, les évêques de la province de Bandundu jetèrent leur dévolu sur le site de l’école secondaire « Sadisana « dirigée par les Pères Jésuites à Kikwit Sacré-Coeur comme lieu d’érection du dit séminaire. Encore fallait-il procéder aux modifications architecturales nécessaires des dortoirs des élèves en vue d’en faire des chambres individuelles!

 

C’est alors que Mgr. Gérard Kulungu, le recteur désigné de St. Cyprien  se transformera en «architecte», afin de relever le défi. Certes, le pari sera gagné, mais pas dès la première rentrée académique en octobre 1983. En effet, les formateurs de l’époque – Mgr. Gérard Kulungu de Kikwit (recteur), Augustin Kutubisa de Popokabaka (directeur spirituel) et Michel Ngob de Kenge (secrétaire académique)  – comme d’ailleurs les séminaristes devront jusque octobre 1985 fonctionner en mode «location» dans les bâtiments de la «Pédagogie», un centre de formation des Frères Joséphites de Kinzambi.

Rome, les organismes catholiques internationaux sur place à Kikwit,  les instituts de vie consacrée tant masculins que féminins, de droit pontifical comme diocésain aidèrent efficacement à équiper la toute jeune institution aussi bien en logistique qu’en personnel.

Formateurs et séminaristes, confiants que les diocèses respecteraient les  engagements pris, étaient pleins de foi en l’avenir de l’œuvre naissante. Pouvait-il en être autrement? Cette foi de pionniers les accompagnera longtemps encore…

Dr. Julius F. Kafuti