Kategorie-Archiv: Histoire du Diocèse

Historique du Diocèse de Kikwit

De la Mission du Kwango au diocèse de Kikwit

 

A. W. ManzanzaLe diocèse de Kikwit émane de la Mission du Kwango, dont l’évangélisation avait été confiée aux missionnaires jésuites belges en 1892. Cette Mission s’étendait sur le territoire compris entre la rivière Inkisi à l’ouest, la rivière Kasaï au nord, la Loange à l’est et la frontière angolaise au sud. Les premiers missionnaires arrivèrent au Congo en 1893 et concentrèrent leur activité d’abord sur Kisantu (dans le Bas-Congo). La fondation de Wombali au confluent du Kasaï et du Kwango en 1901 leur ouvrit la route vers Kikwit, un poste commercial qui avait vu l’arrivée des premiers commerçants belges et portugais en 1898.

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L’oeuvre de l’évangélisation du diocèse de Kikwit

Les ouvriers apostoliques

L’oeuvre qui fait l’objet d’admiration, de respect et d’action de grâce en ce jour est le fruit de la foi, du labeur et des sacrifices d’une multitude d’hommes et de femmes, étrangers et nationaux, qui ont vu dans l’entreprise évangélisatrice une tâche noble et utile pour le salut non seulement spirituel, mais aussi matériel d’un peuple et y ont consacré leur vie.

Parmi cette multitude, l’honneur revient en premier lieu aux missionnaires jésuites qui sont les pionniers de l’évangélisation du Kwango-Kwilu, les fondateurs de l’Eglise de Kikwit. Mais le champ apostolique étant suffisamment grand, d’autres congrégations de prêtres vinrent à la rescousse des ouvriers de la première heure: les missionnaires Oblats, arrivés en 1931, se virent confiés en 1937 l’est du vicariat du Kwango jusqu’à la Loange (préfecture d’Ipamu, actuel diocèse d’Idiofa; de nouveau présent à Kikwit); la Société du Verbe Divin (SVD), arrivée en 1950, fut chargée en 1957 de la préfecture apostolique de Kenge (les SVD aussi à Kikwit III); la Société des Missions africaines (SMA) en 1952 (Kahemba, Kimbulu, Feshi, Kimbongo); les moines Trappistes en 1958 (Kasanza); les Claretains en 1962 (Kingandu et Pay-Kongila). Bien plus tard sont arrivés des Passionistes (Lumbi et Kikwit) et des Pères de Saint-Sacrement (Kanzombi).

Du côté féminin, les premières religieuses venues travailler au Kwango-Kwilu sont les Soeurs de la Charité de Namur en 1922 (Lusanga, Bonga et Yasa [Kikwit]). D’autres congrégations leur emboîteront le pas: les Soeurs de Sainte-Marie de Namur en 1924 (Djuma), les Soeurs de l’Union au Sacré-Coeur en 1926 (Kingungi), les Soeurs Annonciades d’Heverlee en 1931 (Totshi, Gungu, Kimbongo, Kingandu et Kikwit), les Soeurs de Sainte-Marie de Namur en 1934 (Djuma, Sia et Kikwit), les Soeurs Missionnaires de la Sainte-Croix (Passionistes) en 1935 (Lumbi et Masi-Manimba), les Soeurs de la Providence et de l’Immaculée Conception de Champion en 1951 (Pindi, Bulungu et Kikwit), les Soeurs de Saint André en 1951 (Kikwit rive-droite), les Soeurs de Saint Joseph de Turin en 1951 (Kisanji), les Soeurs des Pauvres de Bergame en 1952 (Kikwit, Tumikia et Mosango), les Soeurs de la Divine Providence en 1969 (Kahemba et Kikwit), les Soeurs de Notre-Dame de Fidélité en 1969 (Kikwit), les Soeurs Clarétaines en 197… (Pay-Kongila). Parmi les arrivées plus récentes dans la ville de Kikwit, on peut citer: les Soeurs de St. Joseph de Cunéo, les Soeurs de Ste Famille, les Soeurs Salésiennes de la Visitattion, les Moniales Trappistines.

L’apport de ces femmes à l’oeuvre évangélisatrice au Kwango-Kwilu a été considérable dans différents domaines: dans la catéchèse et la préparation des sacrements, dans le soin des malades, dans le service des pauvres et des orphelins, et surtout dans l’éducation des jeunes filles et dans leur préparation à leur rôle futur de femme digne, de mère de famille consciencieuse, de servante de la nation. Des congrégations de religieux-frères furent également sollicitées pour l’instruction et l’éducation de la jeunesse dans les écoles: les Frères de la Charité de Gand à Kikwit en 1927, les Frères du Sacré-Coeur de Sherbrooke à Makungika en 1964 (chassés aussitôt par la rébellion).

Cependant, l’évangélisation du Kwango-Kwilu n’a pas seulement été l’oeuvre des étrangers. Les Noirs ont également joué un rôle non négligeable dans la naissance et croissance de l’Eglise locale de Kikwit. Notre hommage s’adresse d’abord et de façon particulière aux catéchistes, ces apôtres laïcs dont on ne pourrait, de nos jours encore, souligner assez le rôle pivot dans l’organisation de l’apostolat. C’est sur eux que les missionnaires ont compté, bien avant l’apport du clergé séculier autochtone.

Après la VIe Assemblée pléniere de l’épiscopat du congo en 1961et à la suite des travaux du Concile Vatican II (1962-1965), le rôle et la place des laics fut repensés et renforcés. De simples auxiliaires de l’apostolat, on reconnut qu’ils exerçaient un véritable ministère basé sur le baptême et diversifié selon le charisme propre et les besoins de l’Eglise. Des efforts furent entrepris pour leur offrir une meilleure formation soit dans des centres catéchétiques, soit à l’Institut de Formation des Animateurs de Kikwit (IFAK), créé en 1981. Les mutations intervenues dans l’Eglise et l’introduction des CEV à la fin des années 1970 et surtout au cours de la décennie ’80 élargirent les champs d’apostolat des laics: on les retouvait désormais dans les CEV comme encadreurs et au niveau paroissial comme animateurs pastoraux, assistants paroissiaux ou Bakambi de paroisse.

La perspective de voir un jour les Noirs s’intéresser à la vie sacerdotale, longtemps écartée par la majorité de missionnaires, devint cependant possible avec la fondation du petit séminaire de Lemfu dans l’actuel Bas-Congo en 1922. Le premier prêtre noir du vicariat du Kwango, ancien élève de Lemfu, fit ses études de philosophie et de théologie au grand séminaire de Mayidi (fondé en 1931) et reçut l’ordination sacerdotale le 29 décembre 1937 à Mayidi: c’est l’abbé Clément Ngunga. Avec la création du petit séminaire de Kinzambi dans le vicariat en 1935, les vocations affluèrent et le nombre d’ordinations sacerdotales devint croissant.

Certes, le diocèse connut des années creuses où il n’y eut pas d’ordination; 1960, 1962, 1963, 1965, 1971 à 1973, 1977 et 1978. Mais la création de deux grands séminaires pour les cinq diocèses de la province du Bandundu (le philosophat St. Augustin de Kalonda au diocèse de Kenge et le théologat St. Cyprien dans la ville de Kikwit) à partir de 1978 offrit à Kikwit la possibilité de former beaucoup d’aspirants au sacerdoce.

Aujourd’hui, le clergé diocésain de Kikwit compte parmi les plus nombreux du Congo (200) avec un taux d’universitaires élevé. A ce clergé séculier (abbés) vient s’ajouter un nombre non moins considérable de prêtres religieux (pères) autochtones qui sont au service du diocèse de Kikwit ou de l’Eglise universelle.

Pour les Noirs qui manifestaient le désir d’embrasser la vie religieuse, Mgr Van Schingen fonda en 1937 deux congrégations: celle des Soeurs de Marie au Kwango qui se dévouent « aux oeuvres d’enseignement, de soins aux malades, de médecine préventive et d’animation spirituelle » et celle des Frères Joséphites de Kinzambi qui se consacre à l’enseignement de la jeunesse et dont Mgr Guffens s’en fit le mécène. Ce faisant, Van Schingen n’excluait pas la possibilité d’admettre des Noirs dans les Instituts européens, comme cela est parfois interprété.

Comme les autres Ordinaires du Congo, il préférait sans doute se conformer aux directives de Rome (du Pape Pie XI et de la S. C. de la Propagande) qui recommandaient de créer, dans les missions, des congrégations pour religieux et religieuses indigènes, considérés comme « un des éléments constitutifs et indispensables de stabilité » d’une Eglise locale.

Abbé Willy Manzanza Mwanangombe)